La presse

vendredi 03 mars 2017

Wilson chante Montand au Hall de Paris : comme une osmose

Avec la bénédiction de Moissac Culture, la scène du Hall de Paris va réussir samedi le tour de force de réunir deux monstres sacrés en un. Ainsi Lambert Wilson va, deux heures durant, interpréter les chansons et évoquer le personnage d'Yves Montand.

On ne peut que se rendre à l'évidence : ces deux dandies auront avec une classe naturelle à rendre jaloux su sauter d'une scène à l'autre, des plateaux de cinéma vers les projecteurs de la rampe. Une génération les sépare, ce qui suggère presque une filiation, avec pour fil rouge l'amour des mots.Lambert Wilson a bien voulu, en toute simplicité, nous raconter la genèse de ce projet qui forcément éveille notre mémoire collective.



Lambert, pouvez-vous nous relater le point de départ de cette aventure ?

«J'avais déjà par le passé effectué trois tours de chant en parallèle de ma carrière d'acteur et de comédien. L'idée a germé de lier sur scène la musique et le théâtre au travers d'un personnage, et Yves Montand s'est imposé. Il était plus qu'un chanteur sur scène, il y avait cet aspect théâtral. Et puis, il se trouve que nous avons la même tessiture de voix.»

Justement... La tessiture de la voix, la silhouette, vos carrières... «Peut-on parler de filiation entre Lambert Wilson et Yves Montand ?

«C'est difficile de répondre. Inconsciemment, sûrement. Ainsi, au fil des représentations, je me suis retrouvé dans le personnage, avec ses racines venues d'ailleurs (J'ai des origines irlandaises), son amour des mots, cette capacité à les transcender...»

La tournée bât son plein. Comment le spectacle est-il reçu par le public ?

«C'est génial, tous les soirs. Les gens sont surpris par le côté théâtral. Au travers des trente chansons et dix-sept textes, c'est toute une partie du XXe siècle qui défile.

On peut louer le travail de Christian Schiaretti du théâtre national populaire de Villeurbanne pour la mise en scène.»

Vous sentez-vous plutôt «Montand» ou «Wilson» sur scène ?

«Montand n'écrivait ni ne composait, mais savait choisir les bonnes chansons. Comme lui, je m'en empare, sans la volonté de l'imiter. Mais à la longue certaines choses finissent par nous lier dans l'utilisation de la voix, du corps. Une forme d'osmose.»

Samedi 4 mars, à 21 heures au hall de Paris. Tarifs : 35 € PT ; 30 € TR ; 28 € TAB ; 12 € pour les enfants de moins de 12 ans. Renseignements et réservations, Tél. 05 63 05 00 52.

Propos recueillis par Christian Laguille